Déjà très contesté, le projet d'éoliennes sur les communes d'Artigues et Ollières a subi plusieurs avanies ces derniers temps, dont hélas la mort d'un ouvrier sur le chantier et la position nettement moins favorable du Président de la République et du Gouvernement sur l'éolien.
Pas moins de 12 associations, conduites au plan national par Sites et Monuments et Vent de Colère, et incluant l'Association pour Sainte-Victoire (ASV) et certaines associations affiliées, ont décidé de se coordonner pour adresser une pétition conjointe aux autorités que vous pouvez signer ici.
Entre temps, l'ASV a produit une réflexion sur ce projet de l'est Var, résumée dans le document téléchargeable ici. Se substituant aux défaillances du maître d'ouvrage et des services de l'Administration, l'ASV a également réalisé, avec les moyens du bord, plusieurs photomontages montrant l'impact visuel du projet dans un secteur déjà lourdement investi en projets énergétiques : voir cet autre lien.
Nous invitons tous nos membres et nos lecteurs à signer cette pétition et à diffuser largement cette information. La pétition est soutenue au plan national par Stéphane Bern.
(Laurent Coursol, Président de l'ASV, Jean-Paul Bouquier, secrétaire de l'ASV, Bénédict de Saint-Laurent, administrateur ASV)
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vendredi 17 avril 2020
jeudi 26 mars 2020
Première et tardive neige sur la Sainte


(B. de Saint-Laurent, ASV)
samedi 21 mars 2020
Fermeture du massif depuis le 15 mars 2020



(B. de Saint-Laurent, Saint-Antonin)
samedi 7 mars 2020
Coup d'arrêt (provisoire) au projet d'éoliennes d'Artigues et Ollières
Un jugement prononcé par le Tribunal Administratif de Toulon
le 10 février 2020 (cliquer ici) annule les récépissés de déclaration d'antériorité accordés en 2015 par le
Préfet du Var à la société Provencialis pour la construction et la mise en
service d'un parc de 22 éoliennes sur les communes d'Artigues et Ollières. En
clair, ces récépissés valaient autorisation de construire et d'exploiter cette
installation en confirmant les droits du permis initial (datant de 2008 et
attribué à la société Eco Delta) au bénéfice du nouvel investisseur /opérateur
qu'est Provencialis (un avatar local d'Eco Delta, avec de nouveaux entrants).
Même s'il fera certainement l'objet d'un appel, ce jugement est un sérieux et
salutaire coup d'arrêt au projet d'éoliennes, alors que les travaux de
défrichement avaient été engagés sur le terrain. Nous espérons que ces travaux
sont effectivement interrompus, sous surveillance de la Préfecture, comme le
demande la justice.
Pourquoi s'opposer à ce projet? Certainement pas par refus
de principe des énergies renouvelables –celles-ci demeurent souhaitables dès
lors que les conditions d'implantation et d'exploitation respectent l'intérêt
général. Mais, en l'espèce, le projet d'Artigues et Ollières nous semble
discutable au moins sur trois aspects :
- Le défaut le plus évident du projet est son intrusion visuelle dans le paysage du massif de Sainte-Victoire. Deux photomontages, l'un dû à l'ASV, l'autre à l'association DECAVI ("Défense du Cadre de Vie de Sainte-Victoire", une des associations plaignantes avec la SPPEF, "Société de Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France") montrent l'impact visuel de ce parc géant de 22 aérogénérateurs de 90 m de haut (125 m avec les pales), implanté sur les crêtes d'Artigues et Ollières à une altitude comprise entre 540 et 615 m, en prolongement de la barre rocheuse de Sainte-Victoire et à 8 km seulement du Pic des Mouches pour la plus proche. Les autorisations préfectorales ignoraient cet impact paysager, alors qu'il serait très facile avec les moyens techniques actuels de réaliser des simulations 2D et 3D, plus précises et plus révélatrices que celles des associations (l'étude d'impact ne comporta aucune simulation de ce type). L'espace naturel concerné (de l'est des Bouches-du-Rhône au nord du Var) est aujourd'hui intact de toute altération du paysage. Et il ne suffit pas de penser aux approches par les routes, car par exemple les éoliennes seront très visibles des randonneurs. Ajoutons que, selon la plainte, les éoliennes seraient également préjudiciables à la vue de la basilique de Saint-Maximin, qu'elles sont situées à moins de 500 m d'habitations (en méconnaissance du Code de l'urbanisme) et que le défrichement autorisé en 2017 constitue une modification substantielle du projet initial, sans qu'une nouvelle autorisation environnementale ait été demandée.
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Photomontage ASV (vue depuis le sud – seules 8 éoliennes sur 22 sont représentées) |
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Photomontage DECAVI (vue depuis l'ouest, 11 éoliennes représentées) |
- Le deuxième défaut tient à l'impact local de ce projet gigantesque sur l'environnement (avec 48 MW installés et un investissement de 75 millions d'euros, ce serait de loin le plus grand parc éolien du sud de la France, dépassant largement la vallée du Rhône). Pour tenir bon dans une région ventée, chacune de 22 éoliennes est supportée par un pied d'environ 1 500 tonnes de béton –socle qui restera probablement à jamais sur place, même quand les machines seront démontées. Le chantier lui-même implique de déblayer 25 000 m3 de sol extrait au brise-roche, de créer 7,4 km de pistes, de réaliser environ 1 700 rotations de semi-remorques de 50 T etc. Plusieurs associations et spécialistes ont dénoncé l'impact correspondant sur les insectes (diane, criquet hérisson, lucane cerf-volant par exemple), les nombreuses espèces de chauves-souris, l'avifaune (aigle de Bonelli, aigle royal, circaète, etc.), les reptiles et amphibiens etc., soulignant les défaillances et la sous-évaluation de l'étude d'impact de Provencialis sur de nombreux points (si bien que la DREAL a sollicité les associations compétentes pour contribuer à la rédaction de prescriptions plus exigeantes). Une des éoliennes est ainsi en position de col et risque d'être meurtrière pour les oiseaux et chauve-souris.
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Implantation des éoliennes, entre 8 et 12 km à vol d'oiseau du Pic des Mouches |
- Le troisième défaut est lié à l'aberration économique d'un projet né en 2002, à une époque où les incitations gouvernementales à produire "vert" étaient élevées. Pour assurer artificiellement la rentabilité des éoliennes, un tarif de rachat de l’électricité garanti par l’État supérieur de deux fois au prix du marché de l’électricité a été défini en France (ce tarif a été jugé comme une aide illégale par la Cour de Justice de l’Union Européenne, mais il a été malgré cela reconduit par le Ministère de l'Ecologie en 2013). En réalité, ce tarif est trois fois supérieur au prix du marché en tenant compte du caractère intermittent et aléatoire du vent (l'Etat s'obligeant à racheter cette électricité, même en période de surproduction). Contrairement à d'autres filières, il y a en outre peu de perspectives de baisse des coûts à long terme (aucune rupture technologique n’est envisagée), faisant de ce type de projet éolien un fardeau permanent pour le contribuable. Notons que ces coûts n'intègrent en aucune façon la perte de valeur paysagère et autres externalités négatives (nuisances) pour les riverains, la faune, la flore.
Du côté positif de l'opération, des ressources annuelles de
l'ordre de 500 000 euros bénéficieront aux collectivités locales. Le chantier
offrira 50 000 heures de travail dont 80% à des entreprises locales. Par la
suite, une dizaine d'emplois qualifiés permanents seront créés pour l'entretien
des machines. La région PACA récupérera une partie de son retard en termes
d'éolien. On peut aussi mentionner le fait que la zone touchée est traversée
par une ligne à haute tension, maigre consolation qui évitera cependant la
création d'un long réseau de raccordement. Enfin, en raisonnant sur le cycle de
vie complet d'une éolienne (fabrication, installation, exploitation,
démantèlement), le bilan en termes d'émission de gaz à effet de serre (13
grammes de CO2 émis par KWh produit) est très inférieur à celui du
photovoltaïque (48 grammes) et bien sûr du charbon (environ 1000 grammes) –mais
équivalent à celui du nucléaire (16 grammes) et triple de celui de
l'hydraulique (4 grammes).
Le projet éolien d'Artigues et Ollières a connu depuis ses
débuts en 2002 diverses phases de "stop and go", au rythme des
autorisations, contestations, dérogations, annulations… dans un contexte
changeant. Au départ, le projet comportait 40 machines allant jusqu’à
Seillon-Source-d’Argens, ce qui gênait l'armée (proximité de Canjuers,
hélicoptères) et les villages voisins. Il a obtenu une autorisation de défrichement
en 2007 puis un premier permis de construire en 2008. Créée par de jeunes
ingénieurs marseillais, la petite entreprise ciotadine Eco Delta a eu des
difficultés à assembler un financement conséquent (mais elle a récemment levé auprès
du fonds Eiffel Investment Group un financement relais de 20 millions d'euros).
Elle s'est efforcée depuis 2014 d'améliorer l'insertion environnementale du
projet. Reste que le processus est épuisant, aussi bien pour cette petite
entreprise qui porte différents projets éoliens (dont aucun ne semble
opérationnel), que pour les associations (qui ont bien failli jeter l'éponge, à
la suite de jugements précédents les déboutant).
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Une intrusion dommageable dans le prolongement proche des paysages de Cézanne… |
La position de l'Association pour Sainte-Victoire est
l'objet d'un débat interne. En 2017, l'ASV a aidé les associations plaignantes
en fournissant différents éléments illustrant les risques du projet. A nouveau
sollicitée récemment par l'association Vent de Colère (qui combat, au niveau
national, divers projets jugés contestables de champs éoliens), l'ASV est
partagée entre considérer qu'Artigues et Ollières se situent hors de son
périmètre statutaire (celui du Grand Site) et reconnaître au contraire que
l'impact visuel ignore les frontières administratives. Le projet des 22 éoliennes
de l'ouest-Var aura un impact durable au moins aussi important que la cheminée
et les tours de refroidissement de Gardanne –une pollution visuelle (désormais
inutile) dont se passeraient bien les habitants et les usagers du pays d'Aix et
de Sainte-Victoire… Vous pouvez exprimer votre avis en commentaire à cet
article, nous en tiendrons compte !
(Bénédict de Saint-Laurent, administrateur, ASV)
jeudi 23 janvier 2020
Comptage national des oiseaux des jardins les 25 & 26 janvier 2020
N'oubliez pas, le comptage, c'est ce week-end ! Cette opération est organisée par la LPO (Ligue de
Protection des Oiseaux) et le MNHN (Muséum national d'Histoire naturelle) et elle
est d'un grand intérêt pour suivre l'évolution de la population d'oiseaux en France
et dans notre région – une population en fort déclin…
A titre d'exemple, à St-Antonin-sur-Bayon (peu ou pas
d'agriculture intensive, sauf vigne), il semblerait que les populations de
mésanges, de chardonnerets, de pinsons restent importantes. Par contre, cette
année, les rougegorges, fauvettes, accenteurs ne viennent guère près des
maisons. Cela est peut-être dû à une météo plutôt clémente (pas de gel
en-dessous de -2°C).
Comment participer ?
- Choisir un jour d’observation, samedi 25 ou dimanche 26 janvier, et un créneau d’une heure
- Trouver un lieu d’observation, un jardin ou un balcon, à la ville ou à la campagne
- Compter et noter durant 1 heure tous les oiseaux qui visitent le jardin. Pour les reconnaître plus facilement, des fiches sont disponibles sur le site de l’Observatoire
- Transmettre les données sur le site de l’Observatoire des oiseaux des jardins : www.oiseauxdesjardins.fr
- Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à consulter le Guide du participant

En illustration, un chardonneret, oiseau très apprécié pour son
plumage et son chant, et hélas objet de trafic (à Marseille, un chardonneret se
vend jusqu'à 100€ - il est souvent destiné à finir dans une cage en Algérie…).
(Plus d'infos : oiseauxdesjardins@lpo.fr)
mercredi 22 janvier 2020
La Sainte-Victoire a perdu un de ses fidèles arpenteurs et observateurs

Dès l'enfance, en forêt de Fontainebleau, il s'adonnait à la
capture, puis l'observation avant de les relâcher, de petits passereaux, bouvreuils
principalement, en maniant le quatre-de-chiffre, procédé ingénieux à
l'appellation étrange. Plus tard, fin chasseur en Sologne, il devint
vétérinaire rural, en des temps où il devait actionner les freins de sa deuche
pour ne pas écraser les outardes canepetières surgissant des fossés beaucerons.
Puis, en compagnie de son épouse, études à l'Institut Pasteur.
Lors de son arrivée à Aix-en-Provence, finie la chasse : autres temps, autres mœurs... Il monte un grand cabinet d'analyses biologiques qu'il mène tout seul, assisté de son épouse. Analyses portant aussi bien sur les divers animaux que les humains non moins divers. C'est lors de sa retraite qu'il se consacre aux aigles de Bonelli dont la population française est alors mal en point : de 80 couples à peu près en 1960, elle a dégringolé à 22 en 1990, cela étant dû à plusieurs facteurs. L'un d'eux est la trichomonose, propagée par le trichomonas, charmant flagellé qui provoque une sorte de goitre empêchant certains rapaces, dont les Bonelli, de déglutir. En 2009, un second couple vient nicher à Sainte-Victoire. Grâce à un ingénieux système de proies (pigeons...) ayant ingéré une substance médicamenteuse, puis abandonnées dans l'espace fréquenté par les aigles, adultes et aiglons sont ainsi traités avec succès par les soins d'Alain.

Tout en étant homme de caractère, Alain Marmasse était fondamentalement humble. Au premier abord simple comme un paysan, il apparaissait vite comme un gentleman des falaises, un hobereau aux mœurs frugales... qui aimait gober les œufs de ses poulettes lors des casse-croûtes dans la nature. Egalement excellent bricoleur, toujours volontiers pédagogue aimant à partager anecdotes et souvenirs. Diplomate aussi, lorsqu'il le fallait : il avait ses entrées chez les grands propriétaires de la Sainte. Et ses rapports avec grimpeurs et parapentistes, qu'il avait écoutés, et dont il avait su se faire écouter, ont fait que ces derniers respectent à présent les zones délicates fréquentées par les aigles, surtout en période cruciale de reproduction.
Pas de doute qu'il aurait maugréé en parcourant ces
lignes... Mais sa silhouette longiligne durant la marche, ou courbée devant
l'objectif de sa longue-vue ou de son appareil photographique, nous manque
déjà. Et puisqu'il n'est plus là, on pouvait bien dire un peu de bien de lui !
(Alain Marmasse nous a quittés à la mi-décembre 2019. Texte
écrit par un ami Pierre Bardot)
mardi 14 janvier 2020
Label de Grand Site de France renouvelé pour le massif de Concors Sainte-Victoire
Nous avons reçu le 13 janvier 2020 un message du Président
du Comité de Gestion du Grand Site Sainte-Victoire et Espaces Naturels, Olivier
Frégeac, nous informant du renouvellement du label :

Cela concrétise l’engagement de longue date des
collectivités et institutions, des partenaires et des habitants pour préserver
et valoriser ces espaces naturels et le vôtre, au sein du Comité technique,
lors de la construction de la candidature et l'élaboration de ce projet
ambitieux pour notre territoire.
Je tiens à vous remercier pour votre participation, qui a
largement contribué à l'atteinte de cet objectif.
Bonne année 2020 à toutes et tous.
Félicitations donc au Grand Site, à son président, à tout
son staff… Cet accord témoigne de la confiance des autorités pour le travail
réalisé et fixe des objectifs exigeants pour les 6 années à venir. L’Association
pour Sainte-Victoire et les diverses associations partenaires contribueront
volontiers à leur part de ce travail, de façon à la fois constructive et vigilante.
(le CA de l'ASV)
samedi 28 décembre 2019
Promotion ou protection, le dilemme



Le moins qu'on
puisse dire, c'est que la promotion à toutes les sauces (voir quelques exemples d'affiches ci-contre et ci-dessous - publicité gratuite !) et la cézannite ou
sainte-victorite aiguës qui agitent les vendeurs déguisés en adorateurs du
massif, sont loin de faire l'unanimité et mobilisent au contraire, contre
certains concepts commerciaux, ceux qui aiment la simplicité, la proximité, le caractère
gratuit de Sainte-Victoire, un bien commun (mais fragile) des Aixois et des Provençaux.
(B. de Saint-Laurent, ASV)



samedi 21 décembre 2019
In memoriam, classement Malraux de la route Cézanne
Certains d'entre nous ont découvert avec stupéfaction dans
un document du Grand Site que le classement sur 4,6 km de la route Cézanne et
de ses abords au Tholonet avait été subrepticement annulé en 2016 à l'occasion
d'un "toilettage" des mesures de classement inutiles. Personne ou presque
n'était au courant. La Commission Départementale des Sites n'a pas été saisie.
Dans sa déclaration de candidature (page 2) en 2014, l'actuel maire du Tholonet semblait
rassurant : "Je siège depuis
presque 10 ans à la Commission des Sites.(…) Je m’engage à ce que notre PLU
protecteur des paysages naturels soit appliqué, que notre route Cézanne soit
toujours aussi belle et notre village toujours aussi paisible".
Selon certaines explications reçues, la raison de cet abandon serait en effet que le nouveau PLU du Tholonet serait suffisamment protecteur (ce qui reste à démontrer). Alors que notre association, et d'autres acteurs, plaident pour la sanctuarisation de toute la route départementale 17, de la sortie d'Aix à l'entrée de Puyloubier, certaines administrations ou collectivités nous semblent jouer avec le feu.
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Extrait du dossier de renouvellement du label du Gd Site Ste-Victoire, novembre 2019 |
Selon certaines explications reçues, la raison de cet abandon serait en effet que le nouveau PLU du Tholonet serait suffisamment protecteur (ce qui reste à démontrer). Alors que notre association, et d'autres acteurs, plaident pour la sanctuarisation de toute la route départementale 17, de la sortie d'Aix à l'entrée de Puyloubier, certaines administrations ou collectivités nous semblent jouer avec le feu.
Les menaces et la pression immobilière restent en effet très
importantes. Le paysage de la section de route entre le Tholonet et Beaurecueil
a été partiellement défiguré par une construction de gabarit important et de
couleur trop contrastée par rapport à son environnement. Les autorités concernées ont été très
discrètes sur le déclassement de la route Cézanne, qui pouvait susciter une
levée de boucliers. Nous ne pouvons croire que ce classement demandait à
l'administration un tel travail de suivi, ni qu'il représentait une telle
contrainte pour la commune. Nous devons réfléchir avec d'autres aux moyens de
réagir à cette situation.
(B. de
Saint-Laurent, ASV)
jeudi 12 décembre 2019
Un chantier exemplaire sur le sentier de la Marbrière à St-Antonin
La Provence du 12
décembre 2019 rend compte du chantier mené sous la direction de Jean-Paul
Bouquier pour stabiliser le chemin d'accès à la Marbrière de St-Antonin (voir cet article).
Seize bénévoles avaient réalisé le samedi précédent des travaux hydrauliques : 16 rigoles en biais en travers du chemin, et adossées à de grosses pierres. Ces sortes
de "gendarmes couchés" évitent que les pluies violentes ne creusent
davantage ce chemin qui monte droit vers la carrière de marbre. Certains pins gênants le long du chemin ont également été élagués.

(données transmises par J. P. Bouquier, secrétaire ASV)
mercredi 11 décembre 2019
Un beau bilan d'activité de l'ASV pour 2019 !

On trouvera ici le rapport d'activité présenté par le secrétaire de l'association, Jean-Paul Bouquier. Ce rapport,
ainsi que le rapport moral,
présenté par le président Laurent Coursol, et le rapport financier,
dû à Anne Renès, ont été approuvés à l'unanimité.
Parmi les actions remarquables menées en 2019 : la participation de l'ASV à la concertation sur le renouvellement du label du Grand Site, sa contribution au comité scientifique de la réserve naturelle, les chantiers de réhabilitation des sentiers, et l'organisation d'une conférence sur le loup. Souvent consultée par le Grand Site et les élus sur les questions de risques en montagne, l'ASV n'a pu faire prévaloir une position rationnelle (la montagne est toujours dangereuse), d'où certains blocages avec des décideurs souhaitant se couvrir.
Parmi les actions remarquables menées en 2019 : la participation de l'ASV à la concertation sur le renouvellement du label du Grand Site, sa contribution au comité scientifique de la réserve naturelle, les chantiers de réhabilitation des sentiers, et l'organisation d'une conférence sur le loup. Souvent consultée par le Grand Site et les élus sur les questions de risques en montagne, l'ASV n'a pu faire prévaloir une position rationnelle (la montagne est toujours dangereuse), d'où certains blocages avec des décideurs souhaitant se couvrir.
Le conseil d’administration a été renouvelé, avec 11
administrateurs (par ordre alphabétique): Jean-Paul Bouquier, Laurent Coursol,
Patricia Gauberti, Cédric Grein, Marc Lassalle, Jean-François Lignon, Michel
Laurent, Anne Renès, Bénédict de Saint-Laurent,
Janine Valleix, Vincent Varlet. Un administrateur supplémentaire (Michel
Durand) a été élu, ce qui permettra de rajeunir encore l'équipe dirigeante de
l'ASV.
A l'occasion de cette AG, deux documents ont été présentés
et peuvent être téléchargés :
- Le dernier bulletin de l'association (n°40), qui inclut un encart sur les problèmes de fréquentation de Sainte-Victoire;
- Un diaporama comparant l'état de divers points du massif juste après l'incendie de 1989 et après 25 ou 30 ans, selon les photos. Faute de télécommande, ce diaporama n'a pu être visionné que sur un écran minuscule, il est donc d'autant plus important de le regarder et de le diffuser !
samedi 7 décembre 2019
Sainte-Victoire a besoin de vous !!!
Plus que jamais, l'engagement de la société civile est
nécessaire pour que soit préservé un patrimoine exceptionnel comme celui que
constitue Sainte-Victoire. A l'occasion de sa prochaine AG, notre association publie
un manifeste (cliquer ici) qui rappelle sommairement le chemin parcouru depuis
30 ans et insiste sur la permanence de certains dangers.
Il nous semble donc essentiel que, si possible, de plus
jeunes viennent rejoindre les instances dirigeantes de l'Association pour
Sainte-Victoire. Malgré l'arrivée de quelques jeunes, l'âge moyen du conseil
d'administration approche dangereusement des 60 ans ! C'est bien pour la
sagesse, mais nous avons aussi besoin de dynamisme, et d'une transmission des acquis
des aînés…
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Les éoliennes d'Artigues et Ollières, à 11 km du Pic des Mouches (montage ASV) |
Quelques dangers brièvement rappelés :
- A l'extrémité est du massif, les éoliennes d'Artigues et Ollières sont entrées dans la phase de travaux. Outre les dégâts pour la faune et la flore, ces 22 machines géantes (125 m avec pales) culmineront à près de 700 m et seront visibles de très loin (cf. photomontage sommaire réalisé par l'ASV en 2017); nous avions informé sur les risques de ce projet (voir ce lien) mais cette bataille semble perdue…
- Autre combat perdu (sans avoir livré bataille !), la route Cézanne, classée par arrêté Malraux sur 4,6 km en 1959 (et seule route dans ce cas en France), a discrètement perdu son classement en 2016 (ainsi que ses abords…), à la suite d'un toilettage des classements considérés comme inutiles (le PLU pourtant pas toujours très protecteur du Tholonet étant censé répondre aux exigences de protection du paysage). La Commission Départementale des Sites n'a pas été consultée…
- Notre bulletin de novembre 2019 consacre un dossier à la fréquentation du massif ("Faut-il encore promouvoir Sainte-Victoire?) et montre certaines atteintes liées au passage parfois excessif de visiteurs sur certains tracés ou sites, alors que certains décideurs ou acteurs économiques poussent à la médiatisation parfois frénétique d'un site cézannien auquel s'attachent les adjectifs les plus délirants -mythique, emblématique, exceptionnel etc.
- Un message très récent sur ce blog donne un exemple de déversement sauvage aux abords du Bayon. Cela a été l'occasion de constater que demeurent sur le territoire du Grand Site 55 points noirs de dépôts métalliques ou d'épaves (malgré une action énergique de nettoyage depuis plusieurs années).
- Ne parlons pas des constructions ou clôtures dommageables, à l'entrée du Grand Site côté Meyreuil, ou sur la RD17 à l'approche est du Tholonet. La réglementation concernant les clôtures (parfois interdites, parfois en retrait des voies dans les différents documents d'urbanisme) est d'ailleurs peu appliquée, et c'est bien regrettable !
Dans ce contexte, venez nombreux à l'assemblée générale de
l'ASV ce lundi 9 décembre 2019 à 19 heures, salle Hippolyte Ferrat, 975 Avenue Paul Jullien, à Palette, Le Tholonet. N'ayez pas peur de vous
engager, au risque de trouver amitié, tonus et joie de vivre à travailler avec
d'autres à une cause magnifique !!!
(Bénédict de Saint-Laurent, pour le CA de l'ASV)
dimanche 1 décembre 2019
Les écrans du Tholonet…

De
tels écrans ont peut-être leur place dans un espace urbanisé comme le centre
commercial de l'Escapade à Palette (il en existe un contre le Casino Drive).
Sur une voie comme la R64 C (avenue Louis Philibert), ils constituent un danger
pour les automobilistes, une pollution visuelle pour tous et une nuisance pour
la faune qui n'a aucun besoin de cet éclairage nocturne perturbant !
samedi 30 novembre 2019
Sainte-Victoire n'est pas un dépotoir !
Un entrepreneur peu scrupuleux a jugé bon de décharger sa
benne de gravats au gué du Bayon sur le DFCI SV 211, cette dernière semaine de novembre 2019. Il pensait sans doute qu'avec le nouvel épisode
méditerranéen, tout ce fatras disparaîtrait avec les fortes précipitations
attendues ce week-end. C'est d'ailleurs ce qui va se passer, au moins
partiellement, et au détriment des riverains en aval…
Ce qui semble plus incroyable, c'est que l'entreprise en
question (ou son chauffeur) a laissé dans le tas de gravats (plaques de plâtre,
sacs de ciment, matériaux de démolition intérieure, carrelages, électricité) des
factures ou bons de livraison qui pourront être exploités par la Gendarmerie
pour remonter la piste des responsables. La région ne manque pourtant pas de
déchetteries (Meyreuil, Rousset, Peynier, Gardanne…).
Ces pratiques ne sont pas inhabituelles : à côté de la
petite pollution dont souffrent les bords de route et parkings (canettes,
verre cassé, kleenex, emballages, tubes de gel pour sportifs, paquets de
cigarettes etc.), une pollution plus "musclée" endommage le massif. Selon
le dossier de renouvellement du label, le Grand Site a ainsi fait évacuer 1 921
pneus usagés (soit 20 tonnes) de 2014 à 2018. Il resterait aujourd'hui 55
points signalés de dépôts métalliques ou d'épaves. Un dépôt similaire de
gravats et cailloux a été effectué il a quelques années au parking du Chinois
(et y demeure en partie), sans que l'auteur puisse être retrouvé.
A échelle plus modeste, il existe encore par exemple plusieurs
points de décharge de verre et de vaisselle dans la proximité de la Maison
Sainte-Victoire –points qui ont manifestement servi pour l'ancien restaurant du
château (on y trouve de multiples coquilles d'huîtres, des verres à pied, des
assiettes cassée) ou pour la course de côte automobile (bouteilles brisées et
canettes 'vintage"). Comme ces débris s'enfoncent parfois dans la terre
argileuse, il y aura un jour peut-être une mine d'informations pour les
archéologues des futurs millénaires…
(B. de Saint-Laurent,
Saint-Antonin)
vendredi 22 novembre 2019
Nous avons besoin de vous à l'AG de l’ASV, lundi 9 décembre 2019 !
L'Assemblée Générale annuelle de
l’Association pour Sainte-Victoire se tiendra le lundi 9 décembre 2019 à 19
heures, salle Hippolyte Ferrat, 975 Avenue Paul Jullien, à Palette, Le
Tholonet.
L’ordre du jour sera le suivant
:
- Rapport d’activité et vote du quitus - Rapport financier et approbation des comptes.
- Discussion sur les actions menées ou en cours - Questions diverses.
- Élection des membres du Conseil d’Administration (CA)
Les candidatures au CA sont à
adresser à courriel.asv@gmail.com.
Vous êtes tous conviés à ce
moment communautaire qui sera l'occasion d'un partage sur nos actions et nos
orientations.
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Entretien sur le tracé jaune de l'oppidum le 16/11/2019 |
A l'issue de l'AG, le pot de l'amitié célébrera les
30 ans de notre association, créée en septembre 1989 et encore vaillante… Elle
a cependant toujours besoin d'un renouvellement par de plus jeunes et par des
forces vives et imaginatives qui permettront de multiplier notre impact. Il
nous semble essentiel que ceux qui aiment Sainte-Victoire restent vigilants par
rapport aux menaces éventuelles, prennent conscience de la nécessité de
certaines actions de protection ou d'entretien de la montagne, et rejoignent
les associations qui agissent en ce sens auprès des autorités. Venez nombreux !
Cette réunion est ouverte à TOUS, adhérents et non-adhérents.
Cette réunion est ouverte à TOUS, adhérents et non-adhérents.
(Laurent Coursol, Président de l'ASV)
samedi 16 novembre 2019
Première neige et bonnes précipitations sur le massif
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La crête enneigée de la Sainte, le 16 novembre au matin (Onurb) |
Cette entrée progressive dans l'hiver fait suit à un automne
plutôt pluvieux (250,8 mm tombés à Trets en octobre, 102,8 mm en novembre
jusqu'au 16, et total provisoire de 672 mm pour 2019, contre 792 mm pour toute
l'année 2018). Certaines pluies ont été assez violentes (122 mm tombés le 23
octobre, 64 mm le 21 octobre, 56 mm le 9 novembre –toujours à Trets) et ont
sérieusement raviné la montagne. Après un été très sec (en gros, deux fois
moins de pluie de juin à août compris que, par exemple, en 2018), ces pluies
d'automne font du bien à la végétation, rechargent enfin les nappes et
permettent à une rivière comme le Bayon de couler à nouveau en permanence,
après une interruption de 5 mois.
Attention, les variations locales de précipitations sont bien
sûr importantes : à Aix, le total d'octobre 2019 est de 124,6 mm et le chiffre
provisoire de novembre de 115,6 mm. Le total annuel jusqu'au 16 novembre est de
420 mm (252 mm de moins qu'à Trets). A Marignane, le total d'octobre 2019 est
de 153 mm et le chiffre provisoire de novembre de 116,7 mm. Le total annuel
jusqu'au 16 novembre est de 451,5 mm (220 mm de moins qu'à Trets). Cette
variabilité renforce l'intérêt d'une publication climatologique régulière sur
Sainte-Victoire (seules des données privées existent et ne sont pas
disponibles).
- Infoclimat est une association à but non lucratif créée le 15 octobre 2003 par les co-auteurs du remarquable site internet www.infoclimat.fr (lui-même créé le 7 octobre 2001). La photo publiée ce jour est libre de droits.
(B. de Saint-Laurent, ASV)
mardi 12 novembre 2019
Au frère méconnu et à son triporteur !

"C'est un frère", disait de lui l'un d'entre nous. Même
s'il n'apparaissait que de manière espacée, Yvon montrait effectivement
toujours une présence amicale, faisait preuve d'une gentillesse discrète et
tenace, sans jamais déballer idées ou jugements politiques, ni rancœurs, ni
propos désobligeants à l'égard de quiconque.
Il arrivait au débotté, refaisait miraculeusement tourner le
moteur d'essuie-glace que vous croyiez fichu, déshabillait en un clin d'œil
votre portière, et le remonte-vitre acceptait docilement de fonctionner. Avec
le même soin qu'il adoptait pour la sienne, il démontait méticuleusement votre
moto et vous la remontait à petites giclées de burette après avoir tout
astiqué; et ça pétaradait de nouveau. Et puis il repartait après un apéro, une
soupe et une bonne discussion, ayant enfourché son deux-roues comme un
destrier, chargé de son fourbi d'outils qui l'accompagnait toujours. Il
repartait vers son plessis de Puyloubier, parfois par des nuits mouillées ou
gelées, cuirassé de plusieurs couches de vêtements.

Totalement autodidacte, il aimait les magazines
scientifiques, d'astronomie surtout. Par ciel nocturne limpide au col des
Portes, il savait démêler du fouillis d'étoiles bien des constellations, et
déterminer la planète plantée là.
Sur la route, c'est lui qui quittait sa monture pour en
déblayer le caillou ou la branche qui l'encombrait. A Saint-Antonin, c'est à
lui que les propriétaires confiaient leurs clefs lors de leurs absences
prolongées. Bâtiments et jardins étaient alors en bonnes mains. Yvon avait la
noble simplicité du cantonnier qui aime et connaît son territoire sans en
posséder un seul arpent.
Mais, entre cette dernière Toussaint et le jour de la fête
des Défunts, discrètement, très inopinément, Yvon est parti vers d'autres
espaces, d'autres paysages. La D 17, les pierriers et chemins de la Sainte
gardent en eux son souvenir. Nous aussi qui le connaissions, car nous aimions
vraiment Yvon.
mardi 5 novembre 2019
Entretien des sentiers de Sainte-Victoire de novembre 2019 à mars 2020
Les rendez-vous suivants sont proposés pour des chantiers de
maintenance des sentiers dans le massif:
- Samedi 16 novembre 2019 : parking des Deux Aiguilles – tracé jaune de l’Oppidum
- Samedi 7 décembre 2019 : parking de la Marbrière – chemin de la Carrière
- Samedi 11 janvier 2019 : parking de Saint Ser - chemin de l’Ermitage
- Samedi 8 février 2019 : parking du Saut du Loup – Sentier du refuge Baudino
- Samedi 14 mars 2019 : parking du Bouquet – tracé rouge Pas Dinosaures - l’Escalette
Le rendez-vous est le samedi matin à 9 heures au parking
indiqué.
Prendre un sac à dos avec casse-croûte et boisson.
Les circonstances peuvent amener à modifier le chantier. Ce
sera précisé lors de l’inscription. En cas de pluie, le chantier est annulé.
D’autres chantiers auront lieu en semaine. Ceux qui ont des
disponibilités peuvent se faire connaître auprès de Jean-Paul Bouquier (e-mail
: j-paul.bouquier@wanadoo.fr) qui les informera directement des rendez-vous
prévus.
lundi 4 novembre 2019
Constat de bonne santé des mouflons

Il estime aussi que les mouflons ont trouvé spontanément la
méthode du regroupement pour se défendre conte le loup !
(Info transmise par J. P. Bouquier, secrétaire ASV)
lundi 21 octobre 2019
Présence du loup en Provence et ses conséquences pour l'élevage
La conférence
organisée au Tholonet par l'Association pour Sainte-Victoire le 17 octobre 2019
a permis à un public très nombreux (salle pleine, environ 120 participants, dont le maire) et
très attentif de suivre l'exposé bien documenté de Bernard Comte sur la
pénétration du loup dans nos régions. Celui-ci a travaillé sur le terrain
depuis une douzaine d'années comme lieutenant de louveterie et a observé de
nombreuses meutes ou loups isolés.
Son approche
très pédagogique a permis d'aborder successivement l'histoire du loup, sa
classification et sa biologie, son évolution en France, son impact sur
l'élevage et sa gestion (voir ici le diaporama présenté, dû à B. Comte, P.
Orsini et diverses associations de chasseurs de grand gibier).
![]() |
Dans un cahier de l'école de St-Antonin-sur-Bayon |
Animal
mythique, le loup a été longtemps assimilé au Diable, tant il a pu, avant
l'éradication de la rage, transmettre facilement la mort (une morsure, c'était
la mort sûre…), d'où sa place dans les contes et les légendes. Au milieu du
19ème siècle, le loup était encore assez largement présent en Provence, en
témoignent ces lettres retrouvées à l'école de St-Antonin-sur-Bayon : "Une
louve hors d'âge a été tuée il y a peu de temps dans la commune de St-Marc par
un cultivateur. Nos lecteurs savent que la capture d'une louve donne lieu à une
prime de 25 Francs" (4 janvier 1840); ou encore : "La battue aux
loups ordonnée dans la commune de St-Antonin et les environs étant fixée au
dimanche 13 octobre, toutes les permissions de chasse sont suspendues (…).
Chacun aura le droit de prendre part à la battue à la condition expresse de ne
tirer que sur des loups" (6 octobre 1844).
Après un
exposé sur la morphologie du loup, son identification, son mode de vie et de
reproduction (qui permettra aux participants de ne pas prendre un chien de
berger ou un renard pour un loup…), Bernard Comte a évoqué la progression
exponentielle de la présence du loup dans nos régions, depuis que l'espèce est
protégée. Cette progression s'explique par la déprise rurale, l'extension des
forêts, la présence de nombreux ongulés (comme le chevreuil), la proximité avec
ces immenses territoires peu occupés que sont le Grand Site Ste-Victoire,
Cadarache, le camp de Canjuers, la Parc du Verdon, le Mercantour (puis l'Italie).
Cette présence ne menace plus directement l'homme (qu'en principe le loup
évite), mais génère un prélèvement de plus en plus important sur l'élevage (cf.
graphique sur l'évolution des attaques et des victimes au sein du bétail).
![]() |
Evolution des attaques et des victimes, 1994-2018 |
Les
contre-mesures prises contre cette prédation inévitable (protection des
troupeaux, élimination de 100 loups programmée en 2019, sur une population
globale estimée à 530 unités) n'ont qu'un impact limité. Très intelligent, le
loup s'adapte, et par exemple attaque de jour quand les troupeaux sont bien
protégés la nuit. Les outils à disposition des bergers (clôture électrique,
utilisation de chiens patous, regroupement des troupeaux) n'empêchent pas toute
attaque. Ces outils peuvent présenter de sérieux inconvénients écologiques :
par exemple, surpâturage des entrées et abords d'enclos, élimination de la
"petite faune" (mulots, marmottes, écureuils, genettes etc.) par les
patous qui sont aussi chasseurs, gêne pour les randonneurs à cause des clôtures
et des chiens etc. Tout ceci sans compter le coût que représentent les
indemnisations (toujours par défaut), les équipements de protection,
l'entretien des chiens etc. Un aspect secondaire non négligeable est, du fait
de l'attractivité du loup, le développement de pratiques malsaines comme le
croisement avec des chiens, qui peut produire de dangereux animaux hybrides
(imprégnés par l'homme et donc de comportement ambigu).
L'acceptation
de la présence du loup, facile et parfois excitante pour les urbains, est moins
évidente pour les ruraux, qui craignent en particulier que la disparition des
troupeaux ne permette plus le maintien d'espaces ouverts –nécessaires tant pour
lutter contre l'incendie que pour favoriser certaines espèces comme les
rongeurs ou les grands rapaces.
Dans un massif
comme Sainte-Victoire, selon des informations données lors de la conférence par
Gilles Cheylan, ex conservateur du Muséum d'Aix et ex-vice-président du
Conservatoire des Espaces Naturels PACA, deux meutes existeraient au nord et au
sud. Leur présence est avérée par de nombreux indices, de même que celle de
chamois, bouquetins ou mouflons. Selon Sandrine Débit, agro-pastoraliste venant
du CERPAM (et chargée du développement de la filière ovine dans les
Bouches-du-Rhône), plusieurs attaques ont été observées et l'installation ou le
maintien de troupeaux sur le Grand Site Concors-Ste-Victoire est un défi
difficile, malgré les aides et le soutien de certaines autorités. Attirés par
un métier au grand air, la plupart des bergers répugnent à faire de l'élevage
en milieu clos. Vantés par certains, les modèles italiens (Abruzzes) ou
roumains ne seraient pas aussi idylliques qu'annoncé, avec des problèmes
similaires de cohabitation de l'élevage en extérieur avec le loup. Partout,
l'élevage extensif aurait sérieusement régressé.

(B. de Saint-Laurent, ASV)
On trouvera ici un article plus complet de La Provence.
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